La Cité du Verbe

Missery, Côte d’Or

Utopie culturelle et atelier d’effervescence artistique, « La fabrique-Cité du verbe » est un lieu permanent de théâtre et de fabrication crée à Missery, un village de Bourgogne, par la Compagnie L’Eygurande.

A partir d’une ferme à réinvestir, s’est développé un projet de transformation de l’approche culturelle, politique, artistique, technique. Ce changement de cap s’inscrit notamment sous d’autres poétiques relationnelles :

« Toujours éviter les rapports anonymes... Nous avons la volonté de nous inscrire dans le voisinage, de faire vivre le théâtre autrement. Refuser de participer à une dérive extrêmement élitaire de la création. Nourrir la création artistique de tout ce qui existe de fort et de vivant dans le vécu humain.

Toujours cette « idée de fond » humaniste, et qui sous –tend tout cela, échanger avec d’autres hommes, en particulier ceux que l’on ne connaît pas, nous fait devenir plus hommes. Pour défendre ce travail de terrain, ce grignotage patient, ce travail d’implantation, on n’a souvent que sa foi et sa conviction : notre vocation. »

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La Cité du Verbe

Jean-Louis Mercuzot, Directeur et Metteur en scène Cie L’Eygurande

C’est une aventure assez particulière (comme beaucoup de projets culturels) : une compagnie, la Compagnie L’Eygurande, qui a un projet de quelques années, qui travaille sur Paris, en Île-de-France et qui sait qu’elle a à défendre l’idée de la troupe, et donc l’idée d’une maison pour travailler en permanence. C’est ça le rêve qu’on avait devant nous dès le départ.

La troupe est permanente, elle continue, et puis il se trouve que dans le même temps, un village, Missery située dans l’Auxois-Morvan, une communauté de communes qui s’appelle ensuite un pays qui lie 213 communes, décide de mettre une ligne Culture pour défendre un projet dans une ferme qui correspondait à ce que la compagnie pouvait supporter financièrement.

Cette compagnie avait déjà une expérience de travail sur l’écriture à partir de la récolte de la parole des habitants, avec la mise en place du théâtre à domicile : on va jouer chez les gens tout simplement.

Après cette rencontre, se sont intégrées les institutions avec un montage financier assez particulier : le lieu a été acheté par la Compagnie avec l’État, la Région, le Département et le Pays. Puis, le jour de l’inauguration, on a revendu le lieu à la Commune pour que ce soit un lieu public, pour 1 € symbolique, en contrepartie d’un bail emphytéotique de 50 ans, donc dans 46 ans, on renouvelle le bail, et là, on aura beaucoup d’expérience, donc ça va être formidable !
C’est bien un lieu public, et c’est comme ça qu’on le défend, ce n’est pas un lieu de patrimoine, ce n’est pas un lieu d’héritage qu’on fera, c’est clair pour nous, c’est bien un lieu qui est public.

Aujourd’hui, c’est un projet qui continue à se construire dans la durée, dans la permanence. Il se trouve que dans l’Auxois-Morvan, c’est le seul lieu de spectacle vivant qui existe sur un rayon de 35 km avec une population très demandeuse, très gourmande, et on essaye de tisser des liens, et de travailler en étant au service de cette population. Petit à petit, ce lieu s’enracine et devient la Cité du Verbe.

Ce lieu accueille d’autres compagnies, mais avec comme conditions de se donner du temps, on veut faire un travail long, précis et toujours en lien avec les publics pour qu’ils puissent voyager avec nous. C’est un accueil en résidence de 2 compagnies par an.

On a mis en place 2 outils : un festival d’été, Les Semailles dans lequel on commence des compagnies auraient envie de venir. Ça nous permet de les faire venir, de les faire jouer et puis qu’elles vivent avec nous pendant quelques temps et comme ça, on commence à se connaître autrement qu’avec les mots.
Le second outil s’appelle Les Hivernages, où on travaille dans les villages pour aller jouer les veillées d’hiver pour renouer avec les publics. C’est une question clé par rapport au territoire : comment on peut inventer cette notion de travail dans cette durée-là ?

Le travail artistique se porte aussi sur les langues étrangères, on travaille avec la langue des artistes. On mène cette recherche qui se lie avec un travail universitaire sur l’apprentissage des langues. On a commencé avec le Goethe Institut, on a créé un Pôle de recherche avec des scientifiques pour voir comment les langues se façonnent dans le corps. Avec un spectacle très petite enfance, dès 18 mois, on le promène en Europe, et aussi au Maghreb, à chaque fois on le travaille avec une compagnie dans la langue du pays. Et puis ensuite, on travaille sur 5 langues, qui seront ensuite mêlées dans le spectacle de comptine finalement écrite. C’est un travail qui nous passionne, le mélange des langues.

C’est aussi un travail de lieu ressource, et on essaye de travailler sur un projet de lieu de ressource en lien avec la Maison Jacques Copeau et faire que chacun profite du travail qui peut se construire.

On mène aussi des projets qui se développent autour de la culture scientifique, notamment avec l’Université de Bourgogne.

Sur le plan des esthétiques, on accueille des projets de théâtre, également de danse. qui doivent rentrer dans des formes techniques assez souples, avec une ouverture vers l’extérieur et vers le Morvan. Je vous assure que c’est un lieu tellurique la Cité du Verbe.

Rendez-vous en ligne :


> http://www.eygurande.net/
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